Les freineurs de vitesse

 

Il a fréquemment été dit que la vitesse chez un athlète est innée. Même si il y a une certaine vérité dans cette déclaration, certains entraineurs, qui souvent croient à cette maxime, enseignent pourtant à leurs jeunes d’être moins rapide. Même si ce n’est pas intentionnel, les méthodes qu’ils appliquent dans le but d’améliorer cette qualité font malheureusement l’inverse. Et le pire, c’est qu’elles sont basées sur des ouï-dires et non sur la science.

En fait, ce qu’ils font, bien involontairement, en révoquant les habiletés naturelles de l’athlète, c’est de ralentir son potentiel de vitesse. La bonne nouvelle, puisqu’il s’agit d’habiletés naturelles, les réintégrer se fait rapidement.

Possiblement la source de la plus grande discorde en terme de technique de vitesse, est la controverse qui entoure l’usage d’un pas arrière pour accélérer vers l’avant communément appelé un « False Step ». Mais avant de prendre au premier degré ce pas paradoxal, il faut comprendre les raisons physiques et mécaniques de ce geste.

Alors, on s’explique!

Quand une personne est effrayée, elle se met dans un mode réactif de survie pour soi attaquer ou déguerpir. En d’autres mots, le corps cherche à se protéger et trouve la meilleure façon pour y arriver. Et, la « technique » naturellement utilisée à ce moment est presque tout le temps celle d’un pas arrière pour accélérer vers l’avant. Alors, peut-on dire que ce geste instinctif n’est pas une bêtise humaine mais plutôt une qualité biomécanique innée de laquelle on devrait s’inspirer?

La science à l’appui

Heureusement il existe une recherche qui vient mettre de la lumière sur ce débat :

Starting from standing; why step backwards? G.A. Kraan, J. van Veen, C.J. Snijders, J. Storm. Erasmus University, Rotterdam, Netherlands, 2000.

À l’aide d’une plateforme de puissance calibrée, les chercheurs ont testé dix athlètes positionnés de trois façons différentes à quatre reprises pour savoir laquelle permettrait la meilleure accélération :

1- Positionnés à l’avant de la plateforme pour faire un pas arrière (False Step)

2- Positionnés sur la plateforme pour faire un pas avant

3- Positionnés les pieds décalés avec le pied arrière sur la plateforme.

Les résultats :

La position qui produit le plus de puissance, donc le meilleur potentiel d’accélération, est le pas arrière avec 537.4N vs 264.7N pour le pas avant  et 409.3N pour les pieds décalés.

Encore plus révélateur, c’est qu’à plusieurs reprises, les athlètes en position 2 avaient de la difficulté à ne pas faire un pas arrière. Ce qui renforce l’hypothèse que ce geste est inné et instinctif. Et que si vous tentez de le retirer du jeune athlète, vous allez tout simplement ralentir sa progression. Il suffit de regarder les porteurs de ballon de la CFL et NFL pour voir que l’élite de l’élite utilise ce pas arrière .

En conclusion, quand un athlète doit accélérer vers l’avant à partir de sa position athlétique (fig. a), il doit trouver une façon de se repositionner pour placer un pied à l’arrière de son centre de masse et trouver le bon angle tibiale, pour bien appliquer sa force (fig. b). C’est cet angle et cette application de force qui engendre l’accélération. Si vous partez avec le pied vers l’avant (fig. c), vous déplacez votre centre de masse et il y a de forte chance que vous vous retrouviez dans une position verticale qui ne favorise pas l’accélération.

 

 

Bref, les bons athlètes savent qu’ils doivent déplacer leurs pieds autour de leurs centre de masse pour bouger rapidemment. Les bons entraîneurs savent ou devraient savoir qu’il ne faut pas les empêcher de le faire.

 

Qui s’aime nous suive!

 

Le développement athlétique, c’est du long terme!

Le succès dans le sport dépend des habiletés et des qualités physiques de chacun de ses participants. Et sans objection, le plus gros déterminant est la vitesse avec laquelle un athlète peut bouger. Le boxeur qui se déplace pour éviter un coup, le porteur de ballon qui coupe pour éviter un plaqué, le joueur de « basket » qui se démarque et accélère vers le panier, sont tous des situations où la vitesse d’exécution peut faire la différence. Et c’est pourquoi elle est si importante aux yeux des coaches, des parents et, bien sûr, ceux des joueurs.

Cependant, le problème est que souvent les méthodes utilisées pour développer la vitesse et l’agilité sont inappropriées!  D’un côté, on retrouve les coaches qui croient que seul la pratique de son sport suffit.  Comme si,  par magie, l’athlète va développer, dans le feu de l’action, les habiletés nécessaires pour bien accélérer, décélérer, ré-accélérer, changer de direction et absorber les forces agissant contre lui. De l’autre, ceux qui croient que la solution réside dans une panoplie d’exercices, tels ceux utilisés par les athlètes professionnels.

De préférence, il faut décortiquer le mouvement, le comprendre,  pour s’assurer que l’athlète maitrise  chaque composante : la coordination, la mobilité,  la stabilité, la posture et le rythme.  Le progresser trop rapidement risque de le laisser avec des manques difficiles à récupérer plus loin dans son développement.

Conscient que tout cela peut paraitre complexe, nous avons décidé de lancer cette page rubrique sur le développement athlétique pour faire la lumière sur plusieurs des méthodes communément utilisées et ainsi donner aux coaches, joueurs et parents, les outils pour exceller.

Qui s’aime nous suive!