Des étirements avant l’entraînement

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Mais qu’est-ce qui vous pousse à faire des étirements avant l’entraînement? Ces temps-ci ça semble être une hérésie. Plusieurs études ont démontré une diminution de force statique ou dynamique générée par le muscle précédemment étiré (Fowles et al., 2000; Shrier, 2004; Weerapong et al., 2004.). D’autres ont démontré qu’il n’y avait aucun effet direct sur la fréquence des blessures lorsqu’on s’étirait avant une séance d’exercices. (Pope et al., 1998, 2000; Amako et al., 2003). Voulez-vous bien nous dire ce qui vous pousse à faire des étirements avant l’entraînement? Oui, avec plaisir!

Nous pratiquons dans le domaine de la kinésiologie. Ce terme vient du grec et veut dire étude du mouvement. Nous utilisons le mouvement à des fins de prévention, de traitement et de performance. Dans un monde idéal, chacun des mouvements quotidiens que nous exécuterions seraient parfaitement équilibrés et précis. Ils ne créeraient qu’un stress minimal et notre corps serait capable de le résorber à tout coup. Mais ce n’est pas le cas. Malheureusement, les postures maintenus trop longtemps (pensons à la position assise au travail) ou les mouvements répétitifs qui dévient du standard optimal, créent des dommages à nos tissus (Sahrmann, 2002). Ce qui s’ensuit et bien, c’est ce que nous voyons à tous les jours dans les centres de conditionnement physique: des gens qui ont des anormalités tissulaires, donc des mouvements détériorés, mais qui veulent bouger! Comme professionnel de la santé, on fait quoi?

Prenons comme exemple le mouvement d’extension à la hanche qui est essentiel à maintenir pour garder cette articulation en santé. Seulement une petite perte d’amplitude à ce niveau et on se retrouve avec des compensations. Parce que les fléchisseurs à la hanche sont trop tendus, le mouvement d’extension se produit au niveau lombaire. Dans un cas comme celui-ci, si on ne cherche pas à améliorer l’amplitude à la hanche, on se retrouve assez vite avec une instabilité lombaire et bientôt une douleur chronique. Mal de dos, ça vous dit quelque chose?

Puisqu’on utilise le mouvement comme outil de prévention, les étirements demeurent une méthode très efficace pour augmenter l’amplitude d’une région qui démontre un déficit (Moeller et al., 1985; Kirsch et al., 1995; Zito et al., 1997). Si on veut agir en amont, il est fort recommandé d’étirer les fléchisseurs à la hanche (voir psoas et droit fémoral) avant de travailler un mouvement d’extension à la hanche. Puisqu’on utilise le mouvement comme traitement, il a été prouvé qu’un manque de flexibilité au niveau des quadriceps est associé aux douleurs reliées à un syndrome fémoro-patellaire (Witvrouw et al., 2000). Pas une mauvaise idée non plus d’étirer les quadriceps avant un entraînement pour une personne qui souffre de douleurs au genou relié à ce syndrome et qui cherche un plan d’entraînement spécifique. Et puisqu’on utilise le mouvement comme outil de performance, nous vous déconseillons fortement d’étirer vos ischios-jambiers avant de tenter votre record personnel à l’arraché!

Avec la quantité astronomique d’information qu’on retrouve sur internet, il est de plus en plus important d’établir une philosophie solide par rapport à notre pratique. Les étirements demeurent une méthode qui a fait ses preuves. Lui appliquer des raccourcis intellectuels, c’est de priver certains clients d’une amélioration significative de leur façon de bouger.

Qui s’aime nous suive!