Pourquoi est-ce si mêlant de bien s’alimenter?

La semaine dernière nous vous avons fait part de nos commentaires sur le nouveau guide alimentaire canadien. Grande évolution par rapport à son prédécesseur, il pourrait être le guide à suivre pour plusieurs personnes cherchant à améliorer leur santé, leur composition corporelle et leur performance. Cependant, où se situe-t-il quand on le compare aux autres méthodes en vogue qui entrent en conflit avec ses recommandations? Surtout que ces mêmes méthodes comptent plusieurs adeptes et de nombreux cas de réussite.

Plus de grains entiers, moins de grains entiers, moins de gras, plus de gras, moins de protéines animales, plus de protéines animales…  Avec tout ce brouhaha, on peut comprendre comment il peut être difficile, et parfois même frustrant, de trouver la méthode à suivre pour atteindre ses objectifs.

Donc, face à toute la confusion que peut apporter la façon dont on se nourrit, c’est notre devoir d’expliquer les raisons qui expliquent cette confusion.  En voici huit:

1-La science de la nutrition est encore jeune.

La classification des macronutriments et comment ils se métabolisent sont des découvertes qui datent du début du 20ième siècle (facteurs d’Atwater). Vous vous souvenez du lien entre les maladies cardiovasculaires et le faible taux de bon cholestérol (HDL) dans les années 70? Une découverte qui a occasionné le retrait du gras dans beaucoup d’aliments, le remplaçant par des glucides ou pire, des sucres raffinés. Une réaction catastrophique pour l’épidémie d’obésité.

Il est donc normal, qu’étant seulement qu’à ses débuts, que la science de la nutrition soit si déroutante. Cela fait partie du processus scientifique pour réellement définir le pour et le contre de chaque aliment. Résultat : plusieurs décennies de tâtonnements.

2-Le financement de la recherche va plutôt dans le traitement préventif (pilules) que dans la nutrition préventive.

Les chercheurs se demandent comment éliminer un problème de santé plutôt que de trouver des solutions alimentaires pour le prévenir.

3-Des intérêts particuliers y mettent leurs gros grains de sel.

Plusieurs études en nutrition sont financées par l’industrie agro-alimentaire. C’est une bonne chose que les chercheurs aient de l’argent pour poursuivre leurs recherches. Par contre, les conclusions qui en résultent sont parfois favorables à l’industrie qui finance les études.

Le soya en est un bon exemple. On le retrouve partout. Nous allons peut-être découvrir que sa surconsommation et sa surproduction n’étaient, en fin de compte, qu’une bonne affaire pour les investisseurs.

4-Trop d’impondérables.

Le niveau de stress, la génétique, l’âge, le climat, le niveau d’activité, la durée et qualité du sommeil, les hormones, la santé mentale, la médication, le nombre de grossesse, l’entourage, la consommation d’alcool ou de tabac, le nombre de diète essayée, etc. Toutes ces variables peuvent influencer les effets de ce que nous mangeons.

5-Plusieurs études en nutrition sont observationnelles.

Elles vont demander aux participants de remplir un questionnaire portant sur leur mode de vie et leurs habitudes alimentaires. Le hic avec cela est que notre mémoire fait souvent défaut. Pouvez-vous nous dire avec précision ce que vous avez mangé jeudi dernier?

Aussi, est-ce la viande rouge qui peut causer le cancer ou les maladies cardiovasculaires ou est-ce simplement le fait que les gens atteints de, ou prédisposés à, ces maladies en consomment davantage?

Pour vraiment connaitre l’impact réel d’un aliment comme la viande rouge, il faudrait isoler des participants dans une chambre calorimétrique hermétique pendant des dizaines d’années. Seriez-vous partant pour une telle étude?

6-Nos méthodes de calculs sont trompeuses.

Comptabiliser les calories que l’on consomme ou dépense comporte une grande marge d’erreur.

-L’apport calorique sur l’étiquette d’un aliment ou dans une banque de données peut être erroné de 50%.

-Nous n’assimilons pas toutes les calories que nous consommons. De plus, il n’existe aucun standard sur la quantité exacte de nutriments que nous absorbons en mangeant un aliment. C’est propre à chaque individu.

-Votre dépense énergétique réelle peut varier de 3 à 50% de ce que les appareils vous indiquent.

-Vos antécédents alimentaires peuvent avoir des incidences sur comment vous allez utiliser l’énergie que vous consommez.

7-Difficile de savoir si une étude s’applique vraiment à nous.

La plupart des recherches vont utiliser un groupe de participants bien précis: des gens malades, des jeunes en santé, des gens en super forme, des hommes ou souvent, des petites bêtes.

De plus il est parfois difficile de savoir où se positionner. Un bon exemple est l’étude sur la consommation de café qui démontrait que 50% des participants métabolisaient bien la caféine et l’autre 50% non. Où vous situez-vous dans ce groupe pour savoir si votre troisième tasse quotidienne est de trop? Même histoire pour le vin, bon ou pas bon? Et pour qui?

8-Les études sont parfois publiées trop rapidement.

Les journalistes ne sont pas tous des scientifiques qualifiés. Ce qui veut dire qu’ils peuvent :

– mal comprendre la conclusion de l’étude.

– exagérer les résultats.

– ou mal la positionner dans le grand ordre des choses.

Avec tant de raisons qui portent à confusion, nous pouvons conclure qu’il est normal que la façon de se nourrir demeure une grande source d’incertitude pour plusieurs d’entre vous. Alors, quoi faire maintenant?

Premièrement, ne suivez pas trop vite une méthode en vogue. Restez critique et questionnez-vous à savoir si elle est bien formulée pour vous. Deuxièmement, demandez de l’aide d’un expert en nutrition afin de trouver l’approche qui vous convient. Votre corps vous remerciera.

Qui s’aime nous suive!