Le cerveau gourmand

Pourquoi mangeons-nous parfois trop et pourquoi est-ce si difficile d’arrêter de le faire? La réponse se trouve dans notre cerveau.

Nous mangeons principalement pour deux raisons :

-Nous mangeons pour conserver l’équilibre physiologique de notre organisme (homéostatique).

-Nous mangeons pour le plaisir ou pour une gestion de nos émotions (hédonique).

Et ces deux raisons se manifestent selon :

-La génétique

-Les signaux sociaux

-Les facteurs environnementaux

-Le comportement acquis

-Les hormones

-Le rythme circadien

Plusieurs éléments à considérer et malheureusement la science n’a toujours pas trouvé une solution. Par contre, nous avons une bonne idée pourquoi nous arrêtons de manger.

La satiété dicte quand nous allons cesser de manger et deux facteurs l’influencent :

La distension gastrique et la satiété hormonale.

 

Distension gastrique

Votre estomac prend de l’expansion avec le repas, et le message de cela est transmis au cerveau.

À jeun, votre estomac peut contenir 50ml. Au repas, il peut se dilater pour contenir de 1000ml à 4000ml!

Une bonne raison de choisir des aliments faibles en calories, fibreux et volumineux comme les légumes et légumineuses plutôt que ceux de grande densité calorique (fritures, beignes, biscuits, pizzas, crème glacée etc.) si on souhaite sortir de table rassasié sans avoir dépassé ses besoins en calories.

 

Satiété hormonale

Cependant, cela n’est pas le portrait complet. Quand vous mangez, votre tube digestif et d’autres organes, tel le pancréas, transmettent un message au cerveau comme quoi la nourriture s’en vient. Plusieurs hormones sont responsables de cette communication tels que la cholécystokinine, l’amyline et l’insuline.

Par contre, il en existe deux autres qui sont d’un grand intérêt pour nous puisqu’elles ont un rapport direct avec ce que nous mangeons jour après jour: la leptine et la ghréline. Elles ont donc un impact sur notre santé et notre poids.

La leptine est l’hormone de la satiété. Elle régule l’appétit et les réserves de graisses dans l’organisme (hormone anorexigène). Sécrétée par le tissu adipeux blanc, elle transmet au cerveau ce que vous avez de stocké en énergie ainsi que l’énergie que vous venez de consommer. Plus votre taux de gras est élevé, plus cette hormone est élevée dans le sang.

Pour sa part, la ghréline est une hormone qui stimule l’appétit (hormone orexigène). Son taux dans le sang est plus élevé avant le repas et diminue à mesure que l’estomac se remplit.

 

Comment utiliser ces deux facteurs à notre avantage?

L’équilibre entre ces deux hormones et l’information qu’elles envoient au cerveau jouent un rôle d’une grande importance. Les choix alimentaires que nous faisons peuvent venir perturber cet équilibre. Les aliments raffinés, ragoûtants et réconfortants peuvent renverser les signaux d’arrêt du cerveau.

Deux bons exemples sont le café et la bière. Plusieurs personnes n’aiment pas particulièrement ces deux boissons lorsqu’elles les essaient pour la première fois. Par contre, la caféine et/ou l’alcool ont un effet sur le cerveau qui leur donnent un certain charme. Avec le temps, nous venons à les apprécier et même d’avoir de la difficulté à s’en départir.

Les aliments sucrés et/ou salés, crémeux et/ou croustillants sont aussi de bons exemples d’aliments qui joignent saveur et plaisir. Difficile aussi pour le cerveau de mettre fin à de telles sensations.

Si vous croyez être seul, brisé ou imparfait parce que vous désirez ardemment ces types d’aliments Détrompez-vous! Votre cerveau fait tout simplement son travail d’antan pour vous maintenir en vie.

L’énergie consommable a longtemps été une rareté et nos ancêtres devaient travailler fort pour la trouver.

Aujourd’hui nous vivons malheureusement le contraire. Nous avons réussi à produire industriellement des aliments riches en calories et additifs, accessibles au coin de la rue, que nous pouvons consommer dans le confort de notre salon, devant notre écran ou derrière notre volant. Une évolution qui ne va pas vraiment dans le bon sens…

Pour éviter ce piège, voici trois choses à essayer pour créer un meilleur équilibre entre la faim et la satiété.

1-Manger plus d’aliments frais, entiers et non-raffinés.

Comme par exemple les viandes maigres, les œufs, les légumes, les fruits ainsi que les glucides à digestion lente tels les légumineuses et les pommes de terre. Choisir les bons gras tels les noix, les graines, les poissons gras et les fruits de mer. Éviter toutefois d’en consommer trop d’un coup.

2-Manger lentement et consciemment.

Peu importe ce que vous mangez, le faire lentement va améliorer la communication entre le cerveau et le tube digestif. Cela vous aidera à atteindre la satiété avec moins de nourriture et probablement moins de calories.

3-Manger moins d’aliments raffinés ou transformés.

Cette habitude peut s’avérer plus ardue à adopter pour les raisons que nous avons expliquées plus haut. Cependant, si vous réussissez à ancrer le point 1 et 2, ce sera plus simple à faire puisque manger lentement et consciemment de meilleurs aliments laissera moins de place et de désir pour les mauvais.

En pratiquant ces trois habitudes, vous allez remarquer un certain dédain pour la malbouffe. Vous serez plus en contrôle de vos choix alimentaires, de votre santé et de votre forme physique.

N’ayez crainte! On ne vous impose pas une alimentation fade. Beurrez et salez vos légumes si cela vous dit. Par contre, faites-le raisonnablement. Votre cerveau et votre corps vous remercieront.

Qui s’aime nous suive!