Sept conseils pour vous aider à cuisiner un peu plus

Quand on observe notre rythme de vie contemporain, tout semble favoriser le nouveau prêt-à-manger tandis que cuisiner à la maison semble être le grand négligé.  Par contre, personne ne peut nier les immenses avantages liés à prendre le temps de préparer ses propres repas.  

Ceci étant dit, nous nous retrouvons tous à quelque part sur l’échelle allant d’un côté « je mange au resto ou du prêt-à-manger tout le temps », à l’autre « je mange que des repas cuisinés maison ».  Selon nous, l’idée pour améliorer notre santé collective, c’est de tendre vers ce dernier . Voici donc quelques conseils pour vous aider à cuisiner un peu plus:

  1. Mettre de l’amour dans son espace pour cuisiner. Sans avoir à refaire sa cuisine au complet, que pouvez-vous faire pour améliorer votre espace de cuisine?  Est-ce qu’il vous manque une planche à couper? Vos couteaux sont-ils aiguisés? Est-ce qu’il vous manque un chaudron? Ces petits investissements, s’ils se transforment en plus de repas maison, vont vite vous permettre d’économiser et ce, même à court terme!
  2. Savoir-Faire. Il faut vouloir mettre les mains dedans et apprendre en faisant. Un bon début peut être les vidéos de Jacques Pépin, chef d’origine française reconnu internationalement ayant fait sa renommée à la télévision américaine. Le voici qui nous montre les techniques de base pour l’utilisation des couteaux: https://www.youtube.com/watch?v=nffGuGwCE3E . Et ici, un tuto pour apprendre à faire une omelette (le repas matin-midi-soir par excellence pour dépanner) en deux façons : https://www.youtube.com/watch?v=s10etP1p2bU .
  3. Des recettes. Vous devez vous faire un recueil de recettes que vous aimez. Ça déborde sur le web mais c’est bien les livres. En voici deux : Beau, bon, pas cher aux éditions la Presse et Gourmet Nutrition, The cook book for the fit food lover.
  4. Planifier. Quelles recettes allez-vous faire cette semaine?  Pour économiser du temps dans sa semaine, il faut se réserver un moment de planification de repas. De cette façon, vous saurez ce que vous devrez acheter pour 3 à 4 repas dans votre semaine et vous pourrez réduire le nombre de fois où vous irez à l’épicerie à 1 à 2 fois.
  5. Liste d’épicerie. Faites une liste d’épicerie efficace. Regroupez les aliments de toutes les recettes selon les sections où vous les retrouverez à l’épicerie : fruits/légumes, poissons/viandes, œufs/produits laitiers, conserves/lentilles et légumineuses, grains/céréales, autres. De cette façon, vous éviterez les va-et-vient sur place.
  6. Faites-en plus. Sortez vos mathématiques et doublez/triplez les recettes. En faire plus, c’est une autre façon d’économiser du temps.  Même si vous êtes seul, cuisinez comme si vous pouviez avoir un invité surprise! S’il ou elle ne se présente pas, vous aurez un lunch le lendemain.
  7. Party de cuisine! Montez le volume de votre liste de lecture préférée et partez pour un voyage culinaire de 2 à 3 heures dans votre cuisine le dimanche. Préparez 2 à 3 repas, une bonne vinaigrette que vous mettrez sur vos salades et couper des légumes pour vos lunchs ou recettes de la semaine (en passant, lisez toujours vos recettes au complet avant de commencer, ça aide énormément). Grosse économie de temps et d’énergie ici quand vous rentrerez du travail mardi soir et que vous aurez ça, sous la main, tout prêt au frigo.

Nous vous laissons avec deux dernières pensées avant de terminer cette série de trois articles à propos de cuisiner.

Essayez d’encourager vos épiciers près de chez vous. Ces lieux de santé et de rencontres sont à la base de nos vies de quartier. Et, si jamais la vie vous envoie des épreuves à surmonter, sachez que grâce à votre savoir-faire vous pourrez toujours acheter des aliments de qualité, que vous pourrez transformer en repas nourrissants pour vous et votre famille, tout en respectant votre budget. Comme acheter des poivrons rouges bios en spéciaux pour en faire du muhammara ou cuire un poulet entier et utiliser les os pour les transformer en bouillon délicieux pour votre prochain potage. Ce sera toujours plus économique et durable que d’acheter des poitrines style « cajun » emballées individuellement.

Qui s’aime nous suive!

Cuisiner

Suite à notre article précédent qui traitait du nouveau « prêt-à-manger » fait sur mesure pour ceux et celles qui ne savent pas, veulent pas et/ou ne prennent pas le temps de cuisiner, voici notre plaidoyer pour tenter de les faire changer d’idée.

Avez-vous déjà goûté à un repas qui vous ramenait instantanément à des souvenirs réconfortants de votre enfance? Avez-vous déjà ressenti de la gratitude pour un repas préparé par un être cher? Ressenti de la fierté après avoir transformé des aliments pour en faire un plat? Cuisiner est un acte d’amour pour soi ainsi que pour ceux et celles pour qui nous cuisinons.

Ce verbe qui signifie l’art d’apprêter les aliments et qui nous vient de la pièce où nous les transformons est une action à la base des cultures et des civilisations humaines. Certains anthropologues, dont Leslie Aiello de la fondation Wenner-Gren à New York, croient même que cuire les aliments a été la clé de notre évolution en tant qu’espèce. Pour comprendre à quel point cuisiner est important pour nous sapiens, il faut faire un bref retour en arrière…

Préalablement à ce moment historique, nous passions énormément de notre temps à mâcher et digérer la nourriture crue que nous trouvions sur notre chemin ce qui nous prenaient énormément d’énergie. On parle de six heures éveillées par jour consacrer seulement à absorber des calories!

Cuire les aliments a accéléré grandement le processus et a ouvert un trésor de nouvelles possibilités. Ceci nous aurait permis de réduire l’énergie allant au système digestif pour la consacrer à développer notre cerveau.(1) Dans la foulée de ces évènements, nous nous sommes assis alentour d’un feu pour manger ensemble et socialiser pendant que notre cerveau s’hypertrophiait et boum… nous voilà en 2019 où nous prenons des photos de nos repas au resto pour les mettre sur Instagram.

Comme la température, cuisiner est un sujet qui est au cœur de nos vies et anime bien des conversations :

« Aide-moi donc, j’ai zéro inspiration pour le souper. »

« J’ai fait une soupe Dahl vraiment bonne hier soir!»

 « Cuisiner, ça me fait pas. Si je pouvais remplacer la bouffe par des pilules, je le ferais! » 

Définitivement, les repas ont une place très importante dans nos vies. Tellement que, si vous aviez à nous poser la question : « quelle est la chose que je pourrais faire pour améliorer ma santé et celle de ma famille? »,  nous répondrions probablement: « cuisiner. » La valeur de préparer un bon repas maison et de le partager avec les gens qu’on aime est inestimable :

  • utilisation d’aliments non-raffinés
  • moins de sucre, moins de sel.
  • contrôle de la qualité et quantité du gras utilisé
  • moments de discussion
  • apprendre à partager
  • apprendre à faire preuve d’une certaine retenue
  • manger moins vite
  • souvenirs inoubliables
  • moins de déchets (démarche durable!)
  • plus économique

La liste de bienfaits est longue et elle pourrait l’être encore plus. Cuisiner, c’est de se mettre en mode d’avion et d’être inatteignable pendant une couple d’heures. Cuisiner, c’est ralentir. C’est prendre le contrôle sur sa santé et faire un pied de nez aux grosses corporations qui veulent faire des profits sur notre mode de vie effréné en nous proposant toutes sortes de solutions rapides, faciles et jetables. La fameuse pilule magique quoi!

En parlant de magie, en grec ancien le mot pour signifier « le cuisinier », « celui qui sacrifie l’animal » et « le prêtre » est le même : « mageiros ».  Certains pensent que ce mot partage un lien étymologique avec magie. (2) Peut-être est-ce pour cette raison que nous sommes tant hypnotisés devant les prouesses d’un chef et ce même à travers un écran!

Il est vrai que cuisiner, c’est un apprentissage. Ça demande de la pratique. Ce n’est pas tout le temps aussi beau que sur la photo du livre de recette.  Mais, ça vient avec un sentiment de satisfaction d’avoir transformé ce que la nature avait à nous offrir et une foule d’autres bénéfices.  Dans notre société de plus en plus individualiste avec un penchant pour la pilule magique, cuisiner pourrait s’avérer être l’antidote parfait.

Au plaisir de vous retrouver dans le prochain article qui visera à vous donner des outils contre les deux gros obstacles dans le chemin vers la cuisine : le temps et le savoir faire.

Qui s’aime nous suive !

(1) https://www.npr.org/2010/08/02/128849908/food-for-thought-meat-based-diet-made-us-smarter

(2) Cooked, a natural history of transformation.  Pollan, Michael, The Penguin Press.